J’ai décidé de prendre quelques jours de congé dans le temps des fêtes et de rattraper le temps perdu dans mes procédures. J’ai commencé par mon ministre préféré: Blanouille. Quelques fois mes procédures ne donnent rien mais parfois je me fais répondre quelque chose qui peut m’être utile, comme cette fois où la Commission des plaintes du public contre la GRC m’a répondu que je n’avais rien fait d’illégal.

 

24 décembre 2014

Ministre de la Sécurité publique
Steven Blaney
Chambre des communes
Ottawa, (Ontario)  K1A 0A6

Monsieur le ministre,

Je vous écris car j’essaie d’obtenir une copie de mon dossier criminel (peu importe le nom qu’on lui donne) et les gens s’amusent à me faire tourner en rond et refusent de m’en envoyer une copie.

Je suis sorti de prison le 3 juin 2013. J’étais sur trois banques de candidatures auprès du gouvernement provincial (maintenant quatre). Comme j’habite Montréal, que je ne peux pas me déplacer à plus de 50km sans permission spéciale et que les entrevues auprès de cet employeur se font normalement à Québec, je me suis informé pour savoir si, malgré mes déboires, je pourrais y occuper un emploi. On m’a répondu que certains ministères demandaient une certification d’antécédents criminels.

Je suis donc allé faire une demande pour obtenir ce certificat auprès d’une compagnie privée qui offre ce service. Ça coûtait plus de 50$. J’ai reçu comme réponse : « rejeté » car il y aurait quelque chose dans les dossiers de la GRC. Il fallait que je fasse une demande avec empreintes digitales. Ce que j’ai fait pour un coût de presque 100$ (je ne gagnais que 43$ par semaine).

Environ huit mois plus tard j’ai appelé la GRC pour savoir ce qui se passait avec ma demande. On m’a répondu que ma demande n’était pas complète car j’aurais écrit que j’avais besoin de savoir ce qu’il y avait dans mon dossier pour un emploi au gouvernement provincial sans préciser quel emploi.

Je ne sais pas trop en quoi c’est de leurs affaires. Est-ce qu’ils envoient un rapport différent dépendant de l’emploi sur lequel je postule? Ce sont des renseignements qui me concernent et j’ai le droit de savoir ce qu’ils contiennent.

On m’a répondu de faire une demande officielle de renseignements personnels. Je l’ai fait et on m’a répondu que je m’étais adressé au mauvais endroit et on m’a redirigé vers le même endroit où je m’étais adressé au début.

J’ai envoyé un courriel aux même gens qui avaient refusé de m’envoyer mon dossier au départ pour savoir ce qu’il fallait que je fasse maintenant. Je ne veux pas repayer près de 100$ pour encore me faire répondre une niaiserie. On ne m’a pas répondu.

J’ai été extradé sur un seul chef d’accusation.

J’ai plaidé coupable à un chef différent aux États-Unis.

Comme ce chef n’existait pas au Canada, le chef a encore été modifié pour mon transfert. Ce chef n’existait pas lors de mon arrestation. J’étais donc en prison pour quelque chose qui n’était pas un crime lorsque j’avais été arrêté.

Comme tout cela ne faisait pas vraiment de sens, mon agente, Mme _____, a pris la décision de modifier (je ne crois pas que ce soit légal) ce chef une nouvelle fois pour que ça corresponde plus au premier chef sur lequel j’avais été extradé.

J’ai reçu une lettre de la Commission des plaintes du public contre la GRC à l’été 2012 qui me disait que, effectivement, je n’avais enfreint aucune loi.

Je ne sais plus quoi répondre quand on me demande si j’ai un dossier ou pourquoi j’ai fait de la prison. Il semble que les autorités ne savent pas plus pourquoi elles ont décidé de m’arrêter et me faire faire de la prison.

J’ai fait six ans de prison incluant une année supplémentaire (plus huit mois de maison de transition) parce que votre gouvernement a passé illégalement une loi rétroactive. J’ai encore un an et demi de liberté conditionnelle à faire. On a saisi tous mes biens. Je trouve que c’est cher payer pour n’avoir commis aucun crime. Maintenant on refuse de me dire ce que contient mon « dossier ». Peut-être parce qu’il ne contient rien? Ou un autre paquet de conneries? Un chef d’accusation qui n’existe même pas au Canada?

Je vous demande de me faire parvenir le contenu de ce dossier. Je n’ai pas besoin de savoir toutes vos procédures, raisons, excuses, justifications, explications… Tout ce que je veux, c’est ce dossier. J’ai déjà rempli toute la paperasse nécessaire, il ne reste qu’à envoyer le document à l’adresse ci-haut.

Je crois que c’est assez simple à comprendre pour une bande de fonctionnaires, peu importe leur niveau de (in)compétence. Si j’ai un dossier, on l’imprime et on me l’envoie. Si je n’ai pas de dossier, on me répond que je n’en ai pas.

Si vous avez peur que le contenu de votre réponse fasse penser aux gens que vous ne possédez pas toutes les facultés intellectuelles nécessaires à votre position, ne vous inquiétez pas, l’opinion des gens ne peut plus vraiment changer à ce sujet. À moins que vous vous décidiez à faire quelque chose d’honnête et intelligent.

En vous remerciant pour votre temps, je vous présente mes plus sincères salutations.

 
Habituellement le ministre me répond qu’il n’est pas en son pouvoir de donner des conseils juridiques bla, bla, bla… Je ne lui demande pas de conseils, je lui demande mon dossier, rien de plus. On verra ce qu’il va répondre.

À suivre…

AJOUT: Le ministre a fini par me répondre quelque chose fidèle à lui-même : Blanouille, mon dosier et moi