Ce n’est un secret pour personne que, depuis que j’habite à Montréal, je suis tombé en amour avec cette ville. Je me promène partout avec les yeux grands ouverts et je trouve tout beau, les endroits et les gens. Je débarque souvent du métro une station plus tôt ou plus loin et j’essaie de prendre des chemins différents pour me rendre à des endroits juste pour le plaisir de découvrir cette ville.

Ce qui est drôle est que, dès mon arrivée ici, les gens m’arrêtent dans la rue ou le métro pour me demander les directions pour se rendre à certains endroits. Habituellement je peux les aider. Je me promène toujours avec une carte de la ville (celle qu’on peut obtenir gratuitement dans le métro) et j’en ai donné beaucoup jusqu’à maintenant.

Il doit y avoir quelque chose d’accueillant ou avenant dans mon visage car si je vois des touristes dans une station de métro qui ne semblent pas savoir où aller, il y a de bonnes chances pour qu’ils viennent me voir alors qu’il peut y avoir des dizaines d’autres personnes. Peut-être est-ce parce que tout le monde a l’air si occupé, les yeux sur leur téléphone.

L’autre jour j’étais assis dans un wagon de métro et un jeune asiatique s’est assis devant moi. J’étais en train de faire un mot croisé dans le journal lorsque je me suis aperçu qu’une dame voulait me parler. C’était une dame un peu plus âgée que moi, asiatique elle aussi. Elle voulait me demander quelque chose mais ne parlait pas français ni anglais. Elle m’a montré son téléphone qui était empli de caractères que je suppose chinois. Je n’y comprenais absolument rien mais elle a appuyé quelque part et le mot Bonaventure est apparu. Je suppose que quelqu’un lui avait donné des instructions en chinois (ou autre langage du genre). Je lui expliqué par signes et expressions que c’était la prochaine station. Lorsqu’on est arrivé à Bonaventure je lui ai fait signe que nous étions arrivés. Elle m’a fait un grand sourire et m’a dit “Merci” en français. C’est bizarre comme nous, les québécois, sommes heureux lorsqu’on voit quelqu’un faisant des efforts pour dire quelques mots en français.

Je me suis quand même demandé pourquoi la dame n’avait pas demandé d’aide au jeune homme asiatique devant moi. Peut-être voyait-elle qu’il n’était pas de la même nationalité et ne la comprendrait pas?

Ce que j’ai remarqué par contre est que pendant tout ce temps l’homme qui accompagnait la dame (mari, conjoint, amant, ami?) est resté assis loin et n’a pas dit un mot. Ce qui prouve bien que les hommes refusant de demander leur chemin est quelque chose d’universel et non pas que dans notre culture .