Une journaliste m’a contacté dernièrement pour discuter de zoothérapie pour les détenu.e.s. Voici un extrait de ce que j’ai répondu:

Pour ce qui est de zoothérapie à l’intérieur des murs je ne crois pas qu’il y ait des programmes de ce genre au Québec.

Lorsque j’étais au fédéral au Canada il y avait des chats qui se promenaient quelques fois sur le campus (j’étais au CFF). Je suppose qu’il y avait des gens qui les nourrissaient. Il y avait aussi des oiseaux (mouettes/goélands) que les gens nourrissaient même si c’était défendu. Au Centre Régional de Réception il y avait une marmotte qui se tenait loin de nous mais des détenus jetaient certains types de nourriture par leur fenêtre (carottes ou autres légumes) et la marmotte venait chercher tout ça pendant qu’on était enfermés.

Peut-être y a-t-il des détenu.e.s en prison fédérale qui ont des sorties où ils doivent prendre soin d’animaux?

À Rivière-des-Prairies les gens nourrissaient les écureuils ou les souris dans la cour. Il y a des écureuils qui m’arrachaient des mains mes petites portions individuelles de beurre d’arachides.

Encore à Rivière-des-Prairies il m’arrivait d’ouvrir ma fenêtre en hiver et un oiseau venait se poser de l’autre côté pour profiter de la chaleur. Je me souviens que je restais couché pour ne pas lui faire peur et je l’écoutais chanter. En prison j’ai appris à profiter de l’instant présent. Je fermais mes yeux et j’écoutais un être qui vivait de l’autre côté de la clôture me chanter sa liberté.

Ça m’est aussi arrivé à la prison de comté aux États-Unis. J’y ai passé 15 mois sans pouvoir voir dehors. Il y avait une cour “extérieure” avec quatre murs et un plafond. Il y avait une fenêtre très haute avec un grillage très dense qui nous empêchait de voir de l’autre côté. Il m’arrivait d’y aller et de m’asseoir pour écouter la vie de l’autre côté. C’était en campagne et je pouvais sentir le fumier des animaux de fermes et surtout entendre, quelques fois, le chant des oiseaux et, une seule fois, le son d’un ruisseau (probablement qu’il avait plu peu de temps avant, on ne savait jamais s’il pleuvait ou non lorsqu’on était en cellule).

J’ai vu plusieurs reportages à propos de programmes aux États-Unis où des détenus devaient s’occuper de chiens en formation pour non-voyants ou de chiens abandonnés (http://www.dogsontheinside.com/). Franchement ça m’emplit les yeux d’eau à chaque fois. Le sentiment de solitude peut devenir très intense en prison. Avoir un chien aurait changé ma vie.

Voilà que répondre à un simple courriel me vire tout à l’envers. Vraiment je n’ai pas de classe ????

EDIT : J’ai appris qu’il y avait de la zoothérapie à RDP. Je n’en sais pas plus.