Une loi fédérale oblige les organismes fédéraux à garder une copie de tous les documents qu’ils ont sur une personne et d’être en mesure de pouvoir lui transmettre sur demande.

Si un organisme fédéral a des informations sur moi je devrais être en mesure d’en obtenir une copie et même de savoir qui a eu accès. C’est la loi.

Malheureusement il semble que ce ne soit pas aussi simple. J’essaie de savoir depuis deux ans ce qu’il a sur mon dossier criminel et la GRC et même le ministre de la Sécurité publique refuse de me le donner. Quand je fais une demande sommaire, on me dit que c’est “refusé” mais lorsque je veux en savoir plus, on refuse de me répondre.

Lorsqu’on a saisi tous mes biens, on a dit que c’était parce que je devais de l’argent à Revenu Canada. Après un an de lettres et après avoir fait une demande officielle d’accès à mes informations personnelles, on a fini par me répondre que je n’avais pas le droit de savoir pourquoi on avait saisi tous mes biens et mon argent. Revenu Canada me demandait quand même d’expliquer pourquoi je n’étais pas d’accord alors que je ne savais même pas pourquoi on m’avait saisi tout ce qui me restait. Comme je n’ai pas pu expliquer pourquoi j’étais en désaccord avec leur décision, on a officiellement confisqué et vendu pour des pinottes tout ce je possédais

J’ai fait une demande officielle pour savoir qui avait décidé que je devais être arrêté parce que tout le monde semble dire que je ne faisais rien d’illégal et que c’est la faute de quelqu’un d’autre. La réponse : “Monsieur Pelchat n’a été accusé de rien au Canada”. Bande d’imbéciles, la question était à propos de mon arrestation, pas de l’accusation. Si on ne m’accuse de rien, si rien de ce que je faisais n’était illégal, pourquoi m’avoir arrêté? De plus il y a eu deux autres personnes qui ont été arrêtées et ACCUSÉES (et acquittées parce qu’ils ne faisaient rien d’illégal) au Canada dans cette histoire. Si ces gens sont trop stupides pour se plaindre, ce n’est pas mon problème. C’est quand même signe qu’il y a un problème.

Le pire est que lorsque j’ai été arrêté on a justifié cette arrestation en disant que je vendais tous les produits nécessaires à produire une drogue dans la même boîte accompagnés d’une recette pour la produire. La semaine précédant cette arrestation près de 500 colis avaient étés saisis et aucun ne correspondait à cette description. La journée avant cette conférence de presse des milliers de colis ont été saisis. Aucun ne correspondait à cette description. On savait, avant et après, m’avoir arrêté que je n’avais enfreint aucune loi.

Il y a plusieurs années (plus de quatre) j’ai fait une demande officielle auprès de la GRC pour demander combien on avait trouvé de colis avec une recette ou une confirmation qu’il n’y en avait pas. On m’a appelé à la prison américaine où j’étais pour me dire que jamais je n’obtiendrais cette information car ça prouverait que la GRC avait mal agi.

J’ai fini par être transféré au Canada et après la réponse officielle complètement vide de la GRC j’ai fait une plainte auprès du Commissariat à la protection de la vie privée. Après bien des lettres pour prouver que je m’étais déjà adressé officiellement aux bonnes personnes, ils ont ouvert un dossier en mars 2013.

En mai 2014 j’ai envoyé une lettre pour savoir ce qui se passait.

On m’a répondu en juin 2014 :

Soyez avisé que l’enquête est toujours en cours. Nous avons reçu jusque-là deux représentations de la part de la GRC et nous lui avons demandé de faire des représentations additionnelles qui couvriraient tous les points soulevés par l’enquête.

On me disait aussi :

la GRC nous a assuré qu’elle ferait ses dernières représentations dans ce dossier incessamment.

Je ne sais pas ce que veut dire “incessamment”. Ça fait plus d’un an et je n’ai rien reçu.

Je n’ai pas trop d’espoir de recevoir quelque chose d’intelligent. Le gouvernement Harper a nommé un nouveau commissaire et celui-ci a été sous-procureur général adjoint du portefeuille de la Sécurité publique et d’autres postes à la solde du gouvernement. Sera-t-il objectif dans ce dossier? Le passé de Harper ne me donne pas trop confiance.

J’ai donc envoyé, aujourd’hui, une autre lettre, pour savoir ce qui se passait avec ma demande. Ça fait 13 ans que j’ai été arrêté. Il me semble qu’on devrait être en mesure de répondre à mes questions surtout que ça fait plus que quatre ans que je demande la même chose. Ça a été un des dossiers les plus médiatisés de la GRC à Québec. Tout le monde qui y était en 2002 s’en souvient encore, plus de 100 personnes ont été impliquées (j’ai tous leurs noms).

Je suis en train de rédiger toute cette histoire. Les gens impliqués qui n’ont pas honte de leurs actions (ou inaction) n’auront pas d’objection à ce que je parle d’eux.

Tous ces délais ne font que retarder l’inévitable.

Si un de ces imbéciles lit ceci, réveillez-vous. Je suis prêt à des concessions. Je sais ce que c’est d’être humilié, je ne le souhaite à personne, même à ceux qui m’ont occasionné tous ces problèmes. Tout ce que je veux c’est réparation, récupérer ce qui m’appartient. Si vous travaillez vraiment pour la justice, vous savez quoi faire.