Dernièrement j’ai lu un mémoire rédigé par Carolyne Paquin qu’elle a présenté pour sa maîtrise en droit international.

Voici un extrait de ce mémoire :

Lorsque le Canada coopère avec d’autres États, il tente de demeurer en bons termes avec eux afin de maintenir à longue échéance les relations diplomatiques existantes…

…le Canada se doit de faire un choix et décider s’il poursuit ou non sa coopération avec l’autre État. Nous ne sommes pas sans savoir que le refus de coopérer pourra heurter les relations inter étatiques actuelles mais également futures et engendrer des conséquences importantes.

Ce document parle beaucoup de diplomatie et de courtoisie internationale.

J’ai compris que lorsqu’un état demande au Canada de lui “livrer” une personne présentement au Canada, il y a pas que la justice qui est en jeu.

Tout au long de mon processus d’extradition, j’ai ressenti ce souci de ne pas choquer le pays demandeur et de trouver une façon pour justifier mon extradition même si cela allait à l’encontre du code criminel et même de la Loi d’extradition (car il y a des articles de cette loi qui seraient considérés non constitutionnels dans le code criminel). J’ai eu encore la confirmation il y a peu de temps lorsqu’on a m’a répondu que même si le ministre de la Justice est tenu d’examiner si la personne pourrait être accusée au Canada au lieu d’être extrader (en faisant rédiger une analyse Cotroni), il peut finalement faire ce qu’il veut (même si comme dans mon cas il était possible de me poursuivre au Canada puisque tous mes présumés co-conspirateurs l’ont été). C’est à se demander pourquoi on rédige cette analyse mais c’est du fédéral que je parle ici, si c’est logique et sensé, ça n’arrivera pas.

Je peux concevoir que le gouvernement canadien en soit réduit à faire des magouilles pour ne pas choquer notre puissant voisin et que le Canada n’est devenu qu’une république de bananes qui livre le bétail qu’on lui demande. Tout ça pour éviter des incidents diplomatiques qui pourraient entraîner des coûts à la nation.

Supposons que tout ça a du sens. Que malgré que je n’aie enfreint aucune loi et qu’on me l’ait affirmé à plusieurs reprises avant et après mon arrestation (même en 2012 dans un rapport de la Commission des plaintes du public contre la GRC), on ait décidé de me livrer aux États-Unis pour éviter des frictions avec les États-Unis. Je me demande tout de même qui en a payé le coût. Je suis bien prêt à faire des compromis pour ne pas qu’on parte en guerre contre les États-Unis mais il me semble que j’ai payé une partie trop importante de la facture de cette entente avec les américains.

Quelle est la partie payée par le Canada?

Il a fallu payer des enquêteurs, des procureurs, des juges, des fonctionnaires, de la prison etc. Des coûts qui auraient pu facilement être évités car on savait dès le départ que je n’avais enfreint aucune loi, c’est même écrit sur les documents de la dénonciation jointe avec les mandats de perquisition etc.

Ces coûts ont été défrayés par les contribuables et non pas par la bande de clowns imbéciles qui a pris les décisions. Tous les canadiens ont donc payé pour ça, moi compris.

C’est ce que le Canada a payé pour rester en bons termes avec les États-Unis (comme si mon cas était si important).

Quelle est la partie que j’ai payée?

Selon Revenu Canada, je gagnais près de quatre millions de dollars par année. Il me manque donc ce revenu depuis 12 ans et pour le reste de ma vie.

On a saisi tout ce que je possédais sans que je puisse m’y opposer car, comme j’étais incarcéré à l’étranger, je n’avais pas le droit de savoir ce qui se passait et je n’avais pas le droit à l’aide juridique.

Près de 200,000$ en frais d’avocats.

J’ai fait plus de six ans de prison dont quatre ans à l’étranger dans des conditions difficiles.

Il me reste presque deux ans de libération conditionnelle avec les conditions que ça implique.

Je ne pourrai demander un pardon que dans 12 ans et, même si je l’obtiens, il faudra que je m’informe auprès des pays que je veux visiter s’ils reconnaissent le pardon pour éviter de me faire retourner à la frontière.

Je ne peux pas travailler pour le gouvernement, des banques, des compagnies financières ou de grandes entreprises.

Tout ça sans compter les choses que j’ai subies personnellement et que je devrai vivre le reste de ma vie.

Qu’est-ce que le Canada y a gagné?

Des bonnes relations avec les américains?

Environ 450,000$ payés par les américains lors de ma livraison.

Plus de 500,000$ saisis à ma famille et moi.

Et ça je trouve ça encore plus aberrant. Pour maintenir la relation entre le Canada et les États-Unis bien huilée, j’ai dû payer chèrement; et le Canada, qui a enfreint des lois pour le faire, gagne presque un million de dollars.

Suis-je le seul à voir qu’il y a quelque chose qui cloche?

Ce qu’on fait subir à Omar Khadr, ne fait que confirmer mon opinion à propos de ce pays qu’on appelle le Canada.

Je recherche désespérément un avocat au civil pour examiner quels pourraient être mes recours.