Dans un autre article j’expliquais que tout est une question de perspective. Je me suis rendu compte de ça lorsque j’étais à la prison de comté.

Ça faisait environ un an que j’étais là. On ne pouvait pas voir dehors, on ne sortait pas du secteur, on n’avait pas la radio et je n’avais pas parlé à ma famille depuis un an. Il y avait une télé mais les gars n’écoutaient que de la télé-réalité et le sport. Ils aimaient bien “Flavor of Love” où des filles se battaient littéralement pour coucher avec le gars qu’on voit sur la photo ci-haut. Rien de bien intelligent.

Je trouvais les conditions difficiles, il me semblait qu’à chaque fois qu’on me changeait de prison ça empirait. J’ai remarqué un jour qu’il y avait un gars qui était parti pour la cour mais qui n’était pas revenu. J’ai demandé aux autres où il était. On m’a répondu qu’il était resté au palais de justice. Il y est resté plusieurs jours à coucher dans une cellule temporaire (je ne sais pas le nom français, c’est l’endroit où ils mettent les détenus en attendant de voir le juge, il n’y a que des bancs en acier et une toilette commune). Je me suis dit que ce gars là devait s’ennuyer de sa cellule avec nous. Il devait avoir hâte de revenir “chez lui”. J’ai compris que notre situation peut toujours être pire et qu’il peut arriver quelque chose n’importe quand qui ferait qu’on aimerait bien revenir à la situation où on est présentement.

Quand je vis des moments difficiles (comme aujourd’hui) j’essaie de me rappeler de ça, d’où je viens et où je suis présentement.