Après mon arrestation j’ai été environ 4 ans et demi en liberté sous caution. J’avais une copine lors de mon arrestation mais c’était devenu trop compliqué pour elle. J’ai été quelques années tranquille mais je trouvais le temps long. Ma famille ne me parlait plus vraiment, je n’avais pas d’emploi et plus d’amis. Avant mon arrestation quelqu’un m’avait inscrit sur un site de rencontres en ligne mais je ne répondais à personne car je ne me sentais pas prêt à expliquer ma situation aux gens et je ne voulais pas mentir non plus.

Quelqu’un a fini par me convaincre de répondre à certaines d’entres elles. Cela me ferait du bien de sortir. J’ai donc décidé de tenter ma chance. Je n’écrivais à personne mais je répondais aux femmes qui m’écrivaient. Il y en avait une qui m’intéressait particulièrement. Elle était drôle et on avait des conversations (toujours en ligne) intéressantes. Elle a fini par demander pour me rencontrer. Nous nous sommes donnés rendez-vous dans un parc près de chez moi (les chutes de Charny). Elle est arrivée à moto et elle était jolie : blonde avec des cheveux courts blonds et frisés. (Ne pensez pas que je préfère les blondes.) On a pris une marche dans le parc.

J’étais vraiment content de la voir. Comme une vieille amie que je revoyais. On avait tellement discuté de tout ensemble avant cette rencontre. Tout se passait bien, je lui tenais même la main.

Jusqu’au moment où elle m’a dit EXACTEMENT quel travail elle faisait. Avant c’était toujours flou. Elle était gendarme à la GRC. Merde! Comme diraient les américains : je ne peux jamais avoir un break!

Elle m’a avoué qu’elle ne me l’avait pas dit car, habituellement, les gens n’aiment pas les policiers. Ah bon? Et pourquoi ça? Après lui avoir expliqué ma situation on a décidé d’en rester là.

Quand je raconte ça les gens me disent deux choses : j’aurais dû profiter de la situation ou elle savait déjà qui j’étais et elle était là pour me soutirer des informations. C’est vrai que les “gendarmes” savaient que j’avais un compte sur ce site de rencontres, ils m’en avaient parlé. Je ne me pose pas ce genre de questions et je reste les deux pieds sur terre. Ça ne m’avancera à rien d’imaginer toutes sortes de scénarios farfelus.

Photo courtoisie de sangudo sur flickr