On m’avait averti que cela me prendrait six mois à m’habituer à la vie extérieure. Je le constate à tous les jours. Je trouve difficile à avoir tant de décisions à prendre. Je devrais être plus fonceur mais ce n’est pas quelque chose qu’on encourage en prison.

Il y a aussi que la moindre petite chose me touche. Je pleure à chaque fois que je vois une belle performance sur X factor ou The Voice (que j’écoute quelques fois en ligne à la bibliothèque car je n’ai pas la télé ici). Par exemple, je viens tout à l’envers à chaque fois que j’entends Bella Ferraro chanter cette chanson (je l’ai mise sur mon téléphone).

Je suis tombé en amour avec la ville de Montréal. Tout le monde est beau et gentil. Au début tout m’émouvait et j’avais beaucoup de difficulté à ne pas pleurer. Je commence à m’habituer mais je me suis promis de ne pas devenir insensible à tous ces petits privilèges de la vie d’homme libre.

J’ai eu une période difficile où je m’inquiétais car je ne trouvais pas d’emploi. C’est passé. Je commence l’école dans deux jours et je n’aurai plus de pression pour trouver un travail. J’arrête d’appliquer partout et je choisis les postes qui m’intéressent.

Le temps arrange tout. Je commence à le connaître. Il m’a accompagné bien des années et j’ai appris en m’en faire un ami.

Comme je dis “C’est vrai qu’on fait du temps en prison. On en fait tellement qu’on ne sait plus quoi en faire” .