J’étais en train de travailler et j’ai remarqué que j’avais un message dans ma boîte vocale. Étrange car mon téléphone n’avait pas sonné. J’ai écouté le message et quelqu’un disant travailler pour Revenu Canada me demandait de le rappeler. On disait (en anglais) que c’était le deuxième appel que j’ignorais. Il y avait des mots menaçants comme enforcement, magistrate judge et criminal offence.

Premièrement, le message était en anglais. C’est bizarre venant de Revenu Canada. De plus il est vrai que Revenu Canada me réclame de l’argent mais c’est en cour présentement. J’ai vérifié d’où venait l’appel, et ça correspondait à Toronto. Pas trop normal non plus. Ottawa, Montréal ou Québec aurait eu plus de sens.

J’ai décidé d’appeler au numéro qu’on m’avait laissé et quelqu’un m’a répondu. J’ai commencé à parler en français et le gars n’a rien compris. Ben oui, Revenu Canada donne le dossier d’un francophone à une personne qui ne parle pas français! Nous avons commencé à discuter en anglais mais son anglais était vraiment mauvais. En plus ce qu’il disait n’avait aucun sens. Oui Revenu Canada prétend que je dois de l’argent mais ils ne peuvent pas m’appeler comme ça. Il y a un avocat au dossier, c’est lui qu’ils doivent appeler.

Tout à coup j’ai cru comprendre qu’il me disait qu’il envoyait la police pour m’arrêter. Je lui ai demandé de répéter. Eh oui, il voulait me faire arrêter. Je lui ai dit que je raccrochais et que, moi, j’appelais la police. « No need to call the police sir! » Je n’ai pas écouté la suite, j’ai raccroché.

J’ai immédiatement appelé la GRC. On m’a dit que c’était une arnaque. On n’a même pas voulu prendre en note le numéro que je venais d’appeler. J’ai appelé le Centre anti fraude du Canada. C’est assez spécial. On y fait une liste des fraudes courantes: « Si vous avez reçu un SPAM, appuyez sur 1. Si vous avez reçu un popup, appuyez sur 2… Et il y avait une option si on avait reçu un appel d’un agent de Revenu Canada. J’ai choisi cette dernière option et on m’a décrit exactement ce qui venait de m’arriver. On me conseillait de raccrocher immédiatement.

Le « robot » du Centre anti fraude me disait que si je voulais parler à quelqu’un, ça prendrait beaucoup de temps car il y avait beaucoup de gens qui appelaient. On me conseillait de déposer ma plainte sur le site web mais il n’y a aucun endroit sur le site web pour le faire. Typique du fédéral.

J’ose espérer que ces gens enquêtent déjà sur cette fraude car personne ne semblait intéressé à avoir le fameux numéro de téléphone et récolter des informations.